BETETE

Situé à une altitude de 400 mètres, le village semble perché sur un dôme et quel que soit le chemin par lequel on l'aborde, il faut traverser la petite creuse ou l'un des ruisseaux qui la grossissent. L'eau est présente partout sous forme de rivières, de ruisselets, d'étangs, mais aussi de sources et de lavoirs.

Paradis des pêcheurs chaque lieu de promenade vous incite à rêver en laissant dériver votre ligne

 PREBENOIT

 LE MOULIN DE FRETEIX

  LE CHATEAU DE MOISSE

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 ANECDOTES

  LA BATTEUSE

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Le bourg qui comptait encore 1160 habitants en 1896,a vu sa population décliner à 500 un siècle plus tard. Il est loin le temps, où le département gagnait 56000 âmes entre 1801 et 1871. Néanmoins la quinzaine d'associations culturelles et sportives assure à ce pittoresque village une vitalité assez rare dans la région.

François Larduinat s'est plu à recenser les 40 commerçants et artisans qui exerçaient encore durant la décennie 1940-1950.

"Commençons par le rayon de l'alimentation, il y avait trois épiceries. D'abord La Marguerite. On se souvient, son accueil chaleureux, la bonne parole et les mots justes qui allaient droit au cœur. Et puis L'Aurélie, la coopé et sa collection de vins fins, La Mélanie et ses petites friandises. Il y avait deux bouchers : André Bigorne et Marcel Guillot qui nous servaient de la belle et bonne viande, la vache folle n'avait encore pas vu le jour. Le Boulanger Noël Giraud un sacré farceur surnommé Méline pain cher en référence à un ministre de l'agriculture de la III° République responsable d'une augmentation considérable du prix du pain. En amont à Freteix Albert Boursault le meunier avait quand même un peu de bon grain à moudre par ces temps difficiles.

Au rayon de l'habillement nos quatre couturières : Renée Batier, Alphonsine Chatelain, Félicie Huguet et Marie Lorcery avaient bien du mérite car c'était la pénurie et il fallait faire avec. Un joli tissu, quelques boutons assortis, un ruban bien choisi et de fil en aiguille vous étiez habillés à la mode de chez nous. Il y avait aussi une mercière et un magasin de tissu tenu par Camille Faix.N'oublions pas le petit tailleur de la rue de l'étang : Henri Girondeau. Ernest Lorcery le cordonnier était l'artisan exemplaire, infatigable, dur au labeur. Le travail du cuir n'avait rien de secret pour lui. Le coiffeur Georges Moulinat et la coiffeuse Suzanne Marquat mettaient la touche finale à notre mise.

Quatre débits de boissons : Débondant, Galland, Moulinat, Philippon servaient le vin au mètre ou à la réglette et certains sonnaient la cloche des deux cotés (le mètre servait à mesurer la rangée de verres alignés sur le comptoir quand on régalait un groupe, la réglette était utilisée pour fixer le niveau de boisson dans le verre de ceux qui devaient limiter leur consommation, sonner la cloche était synonyme de branler du chef, ceux qui sonnaient la cloche des deux cotés avaient probablement profité d'une double ration ). Il y avait deux marchands de vin en gros : Paul Galland qui parlait beaucoup mais toujours avec le cœur à l'ouvrage et Emile Villatte, la force tranquille, toujours serviable et de bonne humeur.

Et les vieux métiers ! Parlons-en. Par exemple, notre tonnelier monsieur Roux, avec son accent rocailleux du pays du midi, il nous expliquait tout. Regardez ces douves et ces douelles de chêne bien cintrées et assemblées, elles vont prendre la tournure d'une barrique. Et nos deux sabotiers : Eugène Dumazet dans son échoppe devant un gros billot de noyer, toute la panoplie des outils y passait la tarière la varlope la plane et la gouge Alphonse Déchiron avait fait l'acquisition d'une machine outil, une petite merveille qui façonnait en série et en direct devant nous des paires et des paires de sabots. Le bourrelier Alphonse Larduinat avait fait son service militaire dans la cavalerie, une rude école d'apprentissage pour servir à la guerre. Comme son frère était tailleur, il disait souvent " mon frère habille les hommes, alors j'ai pris le parti d'habiller les chevaux ". Il y avait encore deux charrons Paul Châtelet et Gustave Tabouret ,trois menuisiers Paul Auboueix ,Alphonse Huguet avec son associé Bounoume ,un petit commerce d'articles funéraires tenu par Germaine Chauvat , le cidrier Georges Galland , le couvreur Lucien Jameton ,les trois maréchaux-ferrants Louis Boissin ,Julien Chauvat ,Edouard Pasquet chez lequel on s'arrêtait un bon moment devant la forge à la sortie de l'école .Impressionnant ! Un grand trou noir et puis le fer et le feu, l'antre de Vulcain ! Des coups de marteau à répétition et des gerbes d'étincelles. Et pour terminer la liste de tous ces artisans aujourd'hui disparus, souvent avec leur métier, nous garderons pour la fin l'équipe des deux hongreurs : Albert Dussous et Emile Rebillon.

Il faut donner une mention spéciale à notre mécanicien André Chauvet. Noël son voisin d'en face l'appelait Schneider, du nom d'une famille de sidérurgistes lorrains propriétaires d'usines au Creusot.Ce surnom n'était pas usurpé. André connaissait la mécanique du bout des doigts Il était aussi un précurseur car il avait compris bien avant les autres, tous les avantages de l'automobile et surtout le développement et les progrès de la mécanisation au niveau de l'agriculture.